Réuni en session extraordinaire à Genève, le Conseil de coordination de l’ONUSIDA a rejeté à l’unanimité le projet de suppression progressive de l’institution. Au lieu d’une fermeture, le programme commun amorce une transformation structurelle majeure pour pérenniser la lutte contre le VIH, alors même que sa directrice emblématique, Winnie Byanyima, s’apprête à passer la main.
L’inquiétude planait sur l’avenir de la lutte mondiale contre le sida. Dans le cadre des réformes « UN80 » menées par le Secrétariat général de l’ONU, la suppression progressive (sunsetting) de l’ONUSIDA avait été mise sur la table. La réponse du Conseil de coordination du programme (PCB) a été sans équivoque : c’est un refus unanime. L’organisation ne fermera pas ses portes. Face à l’urgence de maintenir une riposte globale et coordonnée, le Conseil a choisi la voie d’une refonte historique pour adapter l’institution aux défis de demain.
Une restructuration profonde et un leadership partagé
Cette renaissance passe par un changement de modèle architectural. L’ONUSIDA va rationaliser ses opérations pour se muer en un Secrétariat recentré, articulé autour de quatre fonctions clés fondamentales.
Pour optimiser l’efficacité sur le terrain, les 11 organismes co-parrainants (parmi lesquels l’OMS, l’UNICEF et le PNUD) verront leur responsabilité technique renforcée. Loin d’être un désengagement, cette transition se veut progressive et modulée selon la réalité et la préparation de chaque pays, garantissant qu’aucun patient ne soit abandonné en cours de route.
Les communautés et les droits humains préservés
Si la structure change, les valeurs fondamentales restent solidement ancrées. Le Conseil a réaffiché sa volonté de sanctuariser le mandat de l’ECOSOC. La défense des droits humains, l’égalité des genres et, surtout, le rôle décisionnel des communautés affectées demeurent les piliers du programme. Ce modèle unique de co-création et de co-leadership avec la société civile est non seulement préservé, mais réaffirmé comme le moteur de la riposte.
Un changement de cap et de direction
Ce virage stratégique coïncide avec un remaniement majeur au sommet de l’institution. La Directrice exécutive, Winnie Byanyima, a annoncé qu’elle achèverait son mandat le 31 décembre 2026. Afin d’assurer la continuité des réformes, un directeur intérimaire sera nommé par le Secrétaire général de l’ONU dès le 1er janvier 2027. Ce leadership de transition accompagnera le PCB dans le processus de sélection de la future direction, qui aura la lourde tâche de faire vivre ce nouveau modèle de l’ONUSIDA pour les années à venir.

